Peut-on attraper la maladie de Charcot ?

Medecin senior examinant un patient en consultation
L’essentielFaits vérifiés

Ce qu’il faut savoir sur la maladie de Charcot

  • La maladie de Charcot (SLA) n’est pas contagieuse : elle n’est ni virale, ni transmissible par contact ou par le sang.
  • Elle touche environ 2 250 personnes chaque année en France, selon Santé publique France (17 mars 2026).
  • Dans 90 % des cas, aucun antécédent familial n’est retrouvé ; les 10 % restants sont liés à des gènes identifiés comme SOD1 ou C9orf72.
  • Le riluzole sert toujours de traitement de référence, à la dose de 100 mg par jour selon le Vidal.
  • La survie médiane après le diagnostic est de 2 à 5 ans, d’après la Haute Autorité de Santé.

5 faits vérifiés5 sourcesmis à jour le 16 août 2026

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Deux points de départ

La maladie commence soit dans les membres (forme spinale), soit dans la parole et la déglutition (forme bulbaire). Les deux évoluent ensuite vers une paralysie progressive.

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Pas une seule cause

Dans la grande majorité des cas, aucune cause identifiable n’explique la maladie. Une minorité de patients porte une mutation génétique connue, transmissible dans la famille.

Chaque jour en France, six nouveaux diagnostics de sclérose latérale amyotrophique (SLA) tombent en moyenne, un chiffre calculé à partir des 2 250 cas annuels recensés par Santé publique France. Derrière ce nom que tout le monde associe au neurologue Jean-Martin Charcot, une question revient sans cesse dans les recherches : peut-on l’attraper ? Je vais te répondre clairement, avec les données les plus récentes, avant d’aller plus loin sur les symptômes, le diagnostic et les traitements.

Peut-on attraper la maladie de Charcot ?

La réponse tient en une phrase : non, tu ne peux pas l’attraper. La sclérose latérale amyotrophique n’est ni un virus, ni une bactérie, ni une maladie qui se transmet par contact, par la salive ou par le sang. Aucun vaccin, aucune blessure, aucun choc ne la déclenche non plus, contrairement à ce que certains forums laissent penser. Ce que la maladie détruit, ce sont les motoneurones, les cellules nerveuses qui commandent les muscles volontaires. Une fois atteints, ils cessent progressivement d’envoyer leurs signaux, et les muscles s’affaiblissent faute d’instruction. Le neurologue Jean-Martin Charcot a décrit cette maladie pour la première fois en 1869, à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, ce qui explique le nom qu’on lui donne encore en France.

❌ Non, on n’attrape pas la maladie de Charcot en serrant la main d’un proche malade, ni en partageant ses couverts. Cette peur, fréquente au moment du diagnostic, n’a aucun fondement médical.

Une maladie sporadique dans neuf cas sur dix

Dans environ 90 % des situations, la SLA apparaît sans qu’un seul autre cas n’existe dans la famille. Les chercheurs parlent de forme sporadique. Elle résulte probablement d’une combinaison de facteurs encore flous : un terrain génétique de prédisposition, croisé à des expositions environnementales étalées sur des décennies. Le stress oxydatif, l’exposition prolongée à certains pesticides ou métaux lourds, et une activité physique intense pratiquée sur le long terme font partie des pistes étudiées, sans qu’aucune ne soit reconnue comme cause isolée à elle seule. Des travaux menés sur des sportifs de haut niveau et sur d’anciens militaires ont montré une fréquence un peu plus élevée de la maladie dans ces populations, sans qu’un mécanisme précis explique ce lien à ce jour. Tu ne trouveras jamais une réponse simple du type « c’est arrivé parce que ». C’est frustrant, je le reconnais dans mon métier de thérapeute face à des patients qui cherchent une cause à tout prix, mais c’est la réalité de cette pathologie neurodégénérative.

Les formes génétiques : gènes en cause et conseil génétique

Les 10 % de cas restants sont dits familiaux. Un parent atteint transmet alors une mutation à ses enfants, avec une probabilité proche d’une chance sur deux à chaque naissance, selon un mode de transmission autosomique dominant. Trois gènes reviennent le plus souvent dans les études : SOD1, identifié depuis les années 1990 et responsable d’environ 20 % des formes familiales, C9orf72, découvert plus récemment et responsable d’une part encore plus importante des formes familiales en Europe, et FUS, plus rare mais associé à des formes qui débutent parfois avant 40 ans. La Haute Autorité de Santé a publié le 14 février 2022 un protocole national de diagnostic et de soins consacré spécifiquement à la génétique de la SLA. Ce texte précise qui doit se voir proposer un conseil génétique : en priorité les personnes ayant un parent, un frère ou une sœur touché par la maladie.

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La démarche n’a rien d’automatique et ne se limite pas à une prise de sang. Elle passe par une consultation spécialisée en génétique, un temps de réflexion imposé avant tout prélèvement, et un accompagnement psychologique pensé pour préparer à l’annonce du résultat, qu’il soit rassurant ou non. Beaucoup de proches hésitent longtemps avant de franchir ce pas, et c’est un choix parfaitement légitime : connaître son statut génétique ne change rien à la prévention à ce jour, puisqu’aucun traitement ne permet d’empêcher l’apparition de la maladie chez un porteur asymptomatique. La décision t’appartient entièrement, et aucun professionnel sérieux ne devrait la forcer.

Maladie de Charcot ou Charcot-Marie-Tooth : deux maladies bien distinctes

La confusion revient souvent, y compris chez des patients récemment diagnostiqués : cette pathologie n’a rien à voir avec la maladie de Charcot-Marie-Tooth, qui porte le nom de trois médecins différents et touche les nerfs périphériques plutôt que les motoneurones. Cette seconde pathologie évolue beaucoup plus lentement, se déclare le plus souvent dans l’enfance ou l’adolescence, et n’entraîne quasiment jamais de décès prématuré. Les deux maladies partagent un nom, pas un mécanisme, ni un pronostic. Vérifie toujours de quelle pathologie il s’agit avant de lire un témoignage trouvé en ligne : les confondre mène à des inquiétudes ou, à l’inverse, à un excès de confiance mal placé.

Médecin en consultation avec un patient senior

Quels symptômes doivent t’alerter en premier ?

Les premiers signes de la maladie de Charcot sont souvent discrets, presque anodins. Une main qui perd de sa force pour tourner une clé, un pied qui accroche légèrement en marchant, des crampes nocturnes qui reviennent trop souvent : voilà à quoi ressemble le début, la plupart du temps. Ce n’est qu’avec le temps que le tableau devient net et que la consultation neurologique s’impose. Le piège, c’est justement cette lenteur d’installation : elle pousse à minimiser, à attendre, à espérer que ça passe tout seul.

Forme spinale ou forme bulbaire : deux points de départ

Dans environ deux tiers des cas, la maladie débute dans les membres. On parle de forme spinale. Elle se traduit par une faiblesse asymétrique, souvent d’un seul côté au départ, des fasciculations (de petites contractions musculaires visibles sous la peau) et une fonte musculaire progressive qui touche d’abord une main, un avant-bras ou un pied. Dans le tiers restant, elle démarre par une forme bulbaire, qui touche d’abord la parole et la déglutition. La voix devient nasonnée, certains mots s’articulent mal, avaler devient plus difficile pour les liquides que pour les solides, ce qui surprend souvent au début. Cette forme touche un peu plus les femmes après 65 ans et évolue en général plus vite que la forme spinale, avec une survie médiane plus courte selon les données cliniques disponibles.

Ces signes évoluent presque toujours de façon progressive, jamais du jour au lendemain, ce qui distingue la SLA d’un accident vasculaire ou d’une compression nerveuse aiguë. Un engourdissement ou des fourmillements isolés dans les mains ne doivent pas t’inquiéter à eux seuls : ce sont des signes beaucoup plus fréquents dans une douleur du canal carpien que dans une SLA, qui touche davantage la force musculaire que la sensibilité. La distinction se fait justement lors de l’examen neurologique, un point que beaucoup ignorent et qui rassure souvent les patients inquiets à tort.

Des symptômes cognitifs parfois associés

Chez une minorité de patients, environ 15 %, la maladie s’accompagne de changements cognitifs ou comportementaux qui évoquent une démence frontotemporale : irritabilité nouvelle, perte d’initiative, difficultés à planifier des tâches simples. Ce lien est mal connu du grand public, alors qu’il pèse lourd dans le vécu des familles, qui doivent composer à la fois avec la perte de mobilité et avec des changements de personnalité parfois déroutants.

Comment la maladie évolue dans le temps

Après les premiers signes, l’évolution suit rarement une ligne droite. Une phase initiale, qui dure en général plusieurs mois, se limite à une faiblesse localisée qui gêne certains gestes précis sans empêcher l’autonomie. Vient ensuite une phase intermédiaire, où la faiblesse gagne d’autres territoires musculaires : marcher devient plus difficile, écrire ou tenir un objet fatigue vite, et des aides comme une canne ou un appareillage pour le poignet deviennent utiles. La phase avancée touche la respiration et la déglutition de façon plus marquée, ce qui amène à discuter d’une ventilation non invasive et d’une alimentation adaptée. Le rythme de cette progression varie énormément d’un patient à l’autre, et aucun neurologue ne peut le prédire avec certitude au moment du diagnostic.

  • Une faiblesse qui progresse sur plusieurs semaines, sans traumatisme pour l’expliquer
  • Des crampes et des fasciculations répétées, visibles au repos
  • Une voix qui change, devient plus nasillarde ou moins précise
  • Des difficultés à avaler qui s’installent progressivement
  • Une fatigue musculaire localisée qui ne se dissipe pas avec le repos

⚠️ Le piège classique consiste à attribuer une faiblesse persistante à la fatigue ou au surmenage pendant plusieurs mois. Un symptôme moteur qui dure et qui s’aggrave mérite un avis neurologique, même s’il paraît mineur au départ.

Comment le diagnostic est-il confirmé ?

Il n’existe aucun test unique, aucune prise de sang qui confirme à elle seule la SLA. Le diagnostic se construit par élimination, en écartant une à une les pathologies qui produisent des symptômes proches : hernie discale, myasthénie, certaines carences ou une vitesse de sédimentation élevée révélatrice d’une inflammation d’une autre origine. Cette démarche explique pourquoi le délai moyen entre les premiers signes et le diagnostic définitif dépasse souvent un an, un délai que beaucoup de patients vivent comme une épreuve à part entière, faite d’examens répétés et d’incertitude. Si tu accompagnes un proche dans cette attente, sache que ce flou fait partie du processus normal : aucun neurologue sérieux n’annonce une SLA à la légère, sur un seul examen.

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L’électromyogramme, examen central du parcours

L’électromyogramme (EMG) est l’examen le plus déterminant. Il mesure l’activité électrique des muscles et des nerfs, et met en évidence une atteinte des motoneurones dans plusieurs territoires du corps à la fois, un critère clé pour poser le diagnostic selon les critères internationaux utilisés par les neurologues. Une IRM cérébrale et médullaire vient compléter le bilan, moins pour confirmer la SLA que pour écarter une autre cause, comme une compression de la moelle épinière. Des prises de sang et parfois une ponction lombaire complètent l’ensemble, pour écarter une origine infectieuse ou auto-immune. Le neurologue s’appuie sur des critères diagnostiques internationaux, révisés à plusieurs reprises depuis les années 1990, qui exigent une atteinte simultanée des motoneurones centraux et périphériques dans au moins deux régions du corps. C’est cette exigence de preuve qui explique la lenteur du processus : un seul examen anormal ne suffit jamais à conclure.

L’électroencéphalographie, une piste de recherche récente

Une étude publiée le 14 mars 2024 par l’Inserm, menée par la chercheuse Caroline Rouaux et son équipe du Centre de recherche en biomédecine de Strasbourg, a mis en évidence un profil d’ondes cérébrales particulier chez les patients atteints de SLA, mesuré par électroencéphalographie. Ce marqueur pourrait, à terme, aider à poser un diagnostic plus précocement et à suivre l’évolution de la maladie dans le temps. La piste en est encore au stade de la recherche, mais elle ouvre une direction que peu d’articles grand public mentionnent aujourd’hui.

Une reconnaissance en affection de longue durée

Une fois confirmée, la SLA est classée en ALD n°9 (affection de longue durée) par la Sécurité sociale, ce qui ouvre droit à une prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie. Cette reconnaissance administrative compte autant que le diagnostic médical lui-même : elle conditionne l’accès rapide aux kinésithérapeutes, aux orthophonistes et aux aides techniques, sans avance de frais qui viendrait s’ajouter à un choc déjà difficile à encaisser. Dans les faits, le parcours commence presque toujours chez ton médecin traitant, qui t’oriente vers un neurologue en ville ou en centre hospitalier ; celui-ci, s’il suspecte une SLA, transmet ensuite le dossier à un centre de référence pour confirmer le diagnostic et démarrer le suivi coordonné.

Scanner cérébral analysé sur une tablette médicale

Cette avancée illustre un point que j’observe souvent en discutant de maladies neurologiques : la recherche progresse plus vite que l’information qui circule sur le sujet. Le format vidéo aide parfois à fixer les bases plus vite qu’un long texte, alors voici une explication courte et claire de l’Institut du Cerveau.

Quels traitements changent la donne aujourd’hui ?

Aucun traitement ne guérit cette maladie à ce jour. Cette phrase est dure à lire, je le sais, mais la contourner ne rendrait service à personne. Ce qui existe, ce sont des molécules qui ralentissent l’évolution ou qui soulagent les symptômes, et une prise en charge qui a beaucoup progressé ces dernières années.

Le riluzole, toujours la référence depuis les années 1990

Le riluzole sert toujours de traitement de référence en France, prescrit à la dose de 100 mg par jour, répartie en deux prises, selon la fiche Vidal de la substance. Son mécanisme repose sur une inhibition des processus glutamatergiques, un phénomène qui accélère la mort des motoneurones. Les essais cliniques historiques ont montré qu’il prolonge la survie moyenne de deux à trois mois, un effet modeste mais réel, et qu’il retarde le moment où une assistance respiratoire artificielle devient nécessaire. Sa tolérance est jugée correcte pour la majorité des patients, avec une surveillance du foie recommandée en début de traitement.

📏 Deux à trois mois : c’est le gain de survie moyen démontré par le riluzole dans les essais cliniques historiques. Un chiffre modeste, mais c’est aujourd’hui le seul traitement médicamenteux validé sur ce critère depuis plus de trente ans.

Edaravone et tofersen : deux pistes plus récentes

L’edaravone, un antioxydant administré par perfusion, a montré un ralentissement du déclin fonctionnel chez certains patients, surtout lorsqu’il est débuté tôt dans la maladie. Son accès est plus encadré en France que dans d’autres pays. Le tofersen prend une direction différente : cette molécule cible spécifiquement le gène SOD1 et s’adresse uniquement aux patients porteurs de cette mutation précise, une minorité parmi les formes familiales. C’est un exemple concret de médecine de précision appliquée à une maladie rare, un terrain où les traitements ciblés par gène commencent tout juste à changer la pratique clinique. D’autres molécules sont à l’étude dans des essais cliniques en cours, notamment autour de la piste inflammatoire et de la protection des motoneurones restants. Santé publique France rattache d’ailleurs ces indicateurs épidémiologiques au Plan national maladies rares et à la Stratégie nationale maladies neurodégénératives, deux cadres qui orientent le financement de la recherche pour les années à venir. Participer à un essai clinique, quand un centre de référence le propose, relève d’une démarche volontaire qui ne te prive jamais de la prise en charge standard si tu préfères t’abstenir.

Traitement Mécanisme Effet démontré Population concernée
Riluzole Inhibition glutamatergique +2 à 3 mois de survie moyenne Tous les patients SLA
Edaravone Action antioxydante Ralentit le déclin fonctionnel Formes précoces surtout
Tofersen Ciblage du gène SOD1 Réduit un marqueur de dégradation neuronale Porteurs de la mutation SOD1

La prise en charge multidisciplinaire, un pilier au quotidien

Au-delà des molécules, ce qui améliore réellement le quotidien, c’est une équipe complète autour du patient : kinésithérapeute pour entretenir la mobilité, orthophoniste pour la parole et la déglutition, ergothérapeute pour adapter le logement, et souvent un soutien psychologique pour le patient comme pour ses proches. Quand la déglutition devient trop difficile, une gastrostomie (une petite sonde d’alimentation posée directement dans l’estomac) permet de maintenir un apport nutritionnel correct sans risque de fausse route. De la même façon, une ventilation non invasive, portée la nuit dans un premier temps, soulage l’essoufflement lié à l’affaiblissement des muscles respiratoires. Les centres de référence SLA, répartis dans plusieurs grandes villes françaises, coordonnent ce suivi et évitent les ruptures de parcours entre spécialistes, ce qui change concrètement la qualité de vie au quotidien.

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Adapter le quotidien avec des aides techniques

Quand la parole s’altère, des outils de communication augmentée prennent le relais : tablette avec synthèse vocale, ou même un système piloté par le regard pour les patients qui perdent l’usage de leurs mains. Un fauteuil roulant électrique, adapté au fil de l’évolution plutôt qu’imposé trop tôt, préserve l’autonomie de déplacement plus longtemps qu’on ne le pense. À la maison, des aménagements simples (barres d’appui, lit médicalisé, domotique pour les volets ou les lumières) réduisent la fatigue et les risques de chute. Ces équipements se financent en grande partie grâce à la reconnaissance en ALD, complétée si besoin par une demande auprès de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées).

Séance de kinésithérapie pour maintenir la mobilité

Quelle espérance de vie et quel accompagnement au quotidien ?

La survie après un diagnostic de SLA varie énormément d’une personne à l’autre, et c’est justement ce qui rend les pronostics difficiles à annoncer avec certitude. La médiane atteint 2 à 5 ans, avec un décès qui survient le plus souvent par insuffisance respiratoire progressive. Mais cette moyenne masque une réalité plus nuancée : environ 10 % des patients vivent plus de 10 ans après le diagnostic, et certaines formes évoluent lentement sur plusieurs décennies, comme l’a montré publiquement le cas du physicien Stephen Hawking. Santé publique France recense environ 1 840 décès annuels liés aux maladies du motoneurone, un chiffre qui reflète la sévérité de ces pathologies malgré leur rareté. L’étude publiée le 17 mars 2026 souligne aussi des écarts territoriaux marqués, avec des zones de sur-incidence identifiées à l’échelle régionale et même intercommunale, sans explication définitive à ce jour.

Anticiper les décisions, un sujet difficile mais nécessaire

Parler des directives anticipées tôt dans la maladie, quand la parole et l’écriture sont encore faciles, évite bien des situations douloureuses plus tard. Ce sujet est tabou dans beaucoup de familles, alors qu’il permet au patient de garder la main sur des décisions qui le concernent au premier chef : le recours ou non à une ventilation invasive, le lieu de fin de vie, la personne de confiance désignée pour porter sa parole si la communication devient impossible. En parler tôt n’a rien de morbide, c’est au contraire un acte de liberté. Dans mon travail de thérapeute, j’ai souvent constaté que ces conversations soulagent davantage qu’elles n’angoissent, une fois le premier pas franchi. Elles évitent aussi aux proches d’avoir à deviner, dans l’urgence, ce que la personne malade aurait vraiment voulu.

Accompagner un proche, une charge à ne pas porter seule

Quand la maladie touche un conjoint ou un parent, l’accompagnement bouleverse aussi la vie de l’autre membre du couple. La fatigue de l’aidant, la charge administrative, le glissement progressif des rôles dans le couple : tout cela demande un soutien organisé, pas seulement de la bonne volonté. Si tu vis cette situation, je t’invite à lire ce que j’ai écrit sur l’épuisement face à un mari malade, un sujet qui touche de nombreux couples confrontés à une maladie chronique et qui mérite d’être nommé sans culpabilité. Les associations de patients et les centres de référence proposent aussi des groupes de parole pour les aidants, une ressource trop souvent découverte tardivement, alors qu’elle change beaucoup de choses dans la durée.

Sur le plan matériel, le congé de proche aidant permet de suspendre temporairement une activité professionnelle pour accompagner un conjoint malade, avec un maintien partiel de droits à la retraite. La prestation de compensation du handicap (PCH) peut aussi financer des heures d’aide à domicile, en complément de la prise en charge à 100 % des soins strictement médicaux liés à l’ALD. Ces démarches administratives, aussi lourdes soient-elles, valent la peine d’être engagées tôt : elles soulagent une charge qui, sinon, retombe presque toujours sur un seul membre de la famille. N’hésite pas non plus à solliciter l’assistante sociale du centre de référence dès la première consultation : elle connaît les démarches mieux que quiconque et peut t’éviter des mois d’allers-retours administratifs.

Cette question de la durée de vie résonne différemment sur un site qui porte le mot immortalité dans son nom. J’ai déjà exploré si l’immortalité est vraiment possible d’un point de vue scientifique, et une maladie comme la SLA rappelle à quel point la frontière entre vivre longtemps et vivre bien occupe une place centrale dans toute question de santé. Je préfère te donner ici une réponse honnête plutôt qu’une réponse confortable.

FAQ sur la maladie de Charcot

Le premier signe de la maladie de Charcot, c’est quoi concrètement ?

C’est en général une faiblesse localisée et asymétrique : une main qui peine à tourner une clé, un pied qui accroche en marchant, ou une voix qui devient moins nette. Ce signe touche d’abord un seul membre ou une seule fonction avant de s’étendre, sur plusieurs semaines à plusieurs mois.

Existe-t-il un profil plus exposé à cette maladie ?

L’âge moyen d’apparition va de 50 à 70 ans, avec une légère prédominance masculine confirmée par Santé publique France. Les formes bulbaires touchent un peu plus les femmes après 65 ans. En dehors de ces tendances statistiques, aucun profil type ne permet de prédire qui sera atteint.

N’importe qui peut-il développer cette maladie un jour ?

En théorie oui, puisque 90 % des cas surviennent sans cause identifiée ni antécédent familial. Le risque individuel est très faible : l’incidence est de 3 à 3,5 cas pour 100 000 habitants par an en France, selon Santé publique France.

Comment savoir si tu es porteur d’une forme génétique de la maladie ?

Seule une consultation de génétique, encadrée par le protocole publié par la Haute Autorité de Santé le 14 février 2022, permet de le savoir. Elle s’adresse aux personnes ayant un parent ou un frère ou une sœur déjà touché, et s’accompagne toujours d’un temps de réflexion avant le test.

La maladie de Charcot entraîne-t-elle toujours la mort ?

L’évolution est incurable à ce jour, avec une survie médiane de 2 à 5 ans selon la Haute Autorité de Santé. Environ 10 % des patients vivent plus de 10 ans, ce qui montre une variabilité individuelle que les statistiques globales ne reflètent qu’en partie.

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